Ce que ton oreille dit de ta voix : Le lien invisible
ce que ton oreille dit à ta voix ...
On dit souvent que pour bien chanter, il faut « avoir de la voix ». Pourtant, la science et la pédagogie vocale moderne nous disent le contraire : on chante d’abord avec ses oreilles.
Le lien entre l’audition et l’émission vocale est si étroit qu’on parle de boucle audio-phonatoire. Comprendre comment ton oreille traite la musique, c’est ouvrir une porte sur tes capacités d’expression scénique.
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1. L’Effet Tomatis : Tu ne chantes que ce que tu entends
Dans les années 50, le Dr Alfred Tomatis a établi une loi fondamentale : « La voix ne contient que ce que l’oreille entend ». Si ton oreille ne perçoit pas certaines fréquences ou nuances rythmiques, ta voix aura du mal à les reproduire fidèlement.
Ta mémoire auditive n’est pas juste un « stockage » de souvenirs ; c’est le disque dur qui fournit les instructions à tes cordes vocales. Plus cette mémoire est précise, plus ton geste vocal est fluide.
2. La Mémoire Auditive : Le GPS du chanteur
Il existe deux types de mémorisation qui impactent ta performance :
La mémoire à court terme (l’écho) : C’est elle qui te permet de reproduire une mélodie que tu viens de découvrir.
La mémoire de travail : C’est elle qui te permet de comparer ce que tu es en train de chanter avec le modèle idéal que tu as en tête.
Si ton test de mémoire auditive révèle un profil « instinctif », tu chantes avec ton émotion. Si ton profil est « analytique », tu chantes avec ta structure. Les deux sont des forces, mais elles demandent un entraînement différent.
3. Pourquoi tester sa mémoire musicale ?
L’exploration de ton profil auditif permet de :
Gagner en autonomie : Moins dépendre de la partition ou du piano.
Réduire le stress : Une mélodie bien ancrée auditivement libère le cerveau pour se concentrer sur l’expression scénique.
Justesse accrue : Affiner son oreille, c’est affiner sa cible.
Le saviez-vous ? La recherche en neurosciences (notamment les travaux d’Isabelle Peretz sur l’anhémie) montre que la mémoire musicale mobilise des zones du cerveau différentes de la mémoire des mots. On peut donc « muscler » son oreille même si l’on pense ne pas avoir de mémoire !
Sources & Références pour aller plus loin :
Alfred Tomatis, L’Oreille et la Voix (Éditions Robert Laffont) : L’ouvrage de référence sur la relation entre audition et phonation.
Isabelle Peretz, Apprendre la musique (Neurosciences cognitives) : Pour comprendre comment le cerveau traite les hauteurs et le rythme.
Cité de la Musique – Philharmonie de Paris : Dossiers pédagogiques sur la perception auditive et le geste musical.
